Finale des playoffs: la victoire improbable

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Article du 24 Heures par Pierre-Alain Schlosser

Après une victoire décisive sur le BC Zürich en demi-finale dans un affrontement défini par les absences de Caroline Racloz et Indira Dickhäuser côté Lausanne et de Lucie Amiguet et Zach Russ côté Zürich, la finale des 2 et 3 mai contre le BC Yverdon-les-Bains partait sur des bases différentes. Dans ce super derby vaudois, les gens du Nord bénéficiaient de leur effectif complet: Lorrain Joliat, sur le flanc durant la presque entièreté de la saison, était de retour au meilleur moment. Dans le Sud par contre, le sort continuait de s’acharner, Minh Quang Pham ayant rejoint Caroline et Indira dans l’infirmerie.

Dans le camps Lausannois, on tentait de se rassurer en pointant du doigt les deux derbys gagnés en saison régulière, dont le dernier où, rareté, Caroline avait perdu ses deux matchs. Malgré cela, on sentait venir un scénario particulièrement crispant en cas de 8 à 8 où les deux équipes se départageraient au match en or. Crispant, car dans ce cas une discipline est choisie par élimination et BLA n’aurait potentiellement pas su quoi faire avec un simple homme dominé sur le papier par le finlandais d’Yverdon Kalle Koljonen, un double dames vaillant mais surclassé, un double mixte expérimental sans joueuse spécialiste, un simple dame qui a souvent été piégeux et un double hommes qui serait certainement éliminé par les Yverdonnois. Une quadrature du cercle en perspective!

Bien décidée à faire jouer la pression du score au maximum, la troupe d’Anthony Dumartheray a fait ouvrir les feux par le double dames et le double mixte. Pour BLA, la joueuse de Perly, Cléo Latella, était de retour, associée cette fois à une autre joueuse en Licence+, la Neuchâteloise Eva Cachot. Face à la paire formé de Cloé Brand et de l’expérimentée danoise Maiken Fruergaard Sorensen (14ème mondiale en double dames il y a quelques année) on croisait les doigts pour que les favorites tremblent un peu ou prennent leurs adversaires de haut, ou encore que la duo des remplaçantes parviennent à mettre de la pression sur Cloé. Ses espoirs ont malheureusement été rapidement douchés par une paire yverdonnoise bien décidée à remplir la mission qui leur avait été confiée: gagner le premier point. 1-0 Yverdon.

Pour leur troisième match de mixte ensembles, Dounia Pelupessy et Alex Dunn avaient de l’autre côté du filet Julie Franconville et le Français Lucas Corvée, dont le bilan cette saison a été très bon. On savait la marche plus haute que lors de la demi-finale et donc c’est assez logiquement que les locaux ont emporté les deux premières manches. Mais la manière, particulièrement un premier set lâché sur un frustrant 15-14, a donné de l’espoir aux fans lausannois. L’optimisme était même de mise quand Dounia et Alex sont parvenu a s’octroyer les manches 3 et 4. Malheureusement, le set décisif a rapidement penché vers le Nord, Julie et Lucas parvenant à convertir leurs attaques et à trouver de bons contres quand ils se trouvaient en position défensive. 2-0 Yverdon.

Pendant ce temps, sur le court n°1, l’arachnéen Kalle Koljonen tissait sa toile. Sa technique aussi personnelle qu’inélégante a le mérite de l’efficacité: on ne devient pas un joueur du Top 50 mondial sans cela! Ramenant énormément de volants et toujours prêt à saisir la moindre opportunité, Kalle est parvenu a frustrer le plus flamboyant Aria Dinata, chaque attaque défendue émoussait un peu plus la dague du jeune croate, chaque faute directe semblait un peu plus couteuse que la précédente. 3-0 Yverdon.

David prend un bon départ (photo Loan Dao)

Après cette entrée en matière faites de matchs où Yverdon était favori ou en ballottage favorable, il fallait quand même qu’on passe à ceux où BLA avaient de bonne chances de briller. C’était le cas du Simple Homme 3 où Lausanne affichait alors un bilan parfait de 14 victoires en 14 matchs. Décalé par le retour en piste de Lorrain Joliat, c’était Thibault Bernetti qui devait briser la série lausannoise et pour cela il devait aussi faire ce qu’il n’était jamais parvenu à faire en 5 confrontations: Battre David Orteu. Dans la première manche, les deux joueurs ont fait preuve de beaucoup d’application et de patience. Cherchant la précision au filet, la qualité dans les dégagements, usant d’une grande prudence en attaque, ce style était propice à de longs rallies. Dans cet exercice, David s’est montré un tout petit peu plus efficace que son adversaire. Libéré par le gain du premier set, la joueur de BLA a accéléré le jeu, une nouvelle intensité qui a laissé Thibault sans réponse.

Après avoir gagné la deuxième manche 10 – 4, David s’est envolé dans la troisième pour mener 5-1. On regardait déjà le cours du marché de la peau d’ours quand, d’un peu nul part, la situation s’est totalement renversée. David a forcé un peu en attaque, commettant deux fautes, puis, en essayant de se calmer, a perdu de l’agressivité qui l’avait mis dans cette bonne situation. Une erreur de jugement et deux bons stick smashs de Bernetti plus tard, le public s’est réveillé. Galvanisé par les vivats et aidé par un David approximatif, Thibault a relancé le match.

En parallèle, le double homme 2 se jouait sur l’autre terrain. Les artilleurs lausannois Maxime Pierrehumbert et Milosz Bochat ont fait donner le canon sur la paire formée du capitaine Anthony Dumartheray et du Français Lucas Corvée. Bien difficile pour ces derniers de résister à la violence des assauts lausannois, car il ne suffisait pas de remettre les smashs, il fallait aussi trouver suffisamment de qualité dans les défenses pour empêcher d’offrir des kills faciles à Maxime et Milosz. À ce problème s’ajoutait aussi les difficultés au service d’Anthony et Lucas, régulièrement punis dès le retour, rendant pratiquement impossible toute série de points. Après deux manches menées de bout en bout par les joueurs de BLA, la troisième s’est avérée plus hachée. Des fautes directes de part et d’autre ont empêché quiconque de se dégager. Heureusement pour les visiteurs, un bon retour puis une faute adverse ont tué dans l’œuf un possible rebondissement et donné leur premier point à BLA. 3-1 Yverdon.

Maxime et Milosz ouvrent le compteur de BLA (photo Loan Dao)

Toute l’attention du public s’est alors reportée sur le simple homme 3, où la quatrième manche retrouvait les allures de la première: équilibrée, indécise et émaillée de longs échanges. Malheureusement, à ce jeu c’est cette fois Thibault qui est sorti gagnant d’une courte tête, obtenant ce qui semblait impossible 20 minutes auparavant: une manche décisive. Les débats y ont continué sur le même ton. C’est David qui a été le premier à 6, moment du changement de côté dans le format en 5 sets des ligues nationale, mais la reprise a été marquée de deux faits de jeu presque coup sur coup. Un volant litigieux donné bon pour Bernetti au grand dam d’un David estomaqué, puis deux points plus tard, exactement au même endroit, un autre volant limite donné initialement bon, puis corrigé par l’arbitre sur l’indication de son juge de service, ce qui a déclenché une bronca du public. C’est Bernetti qui a su le mieux gérer cette situation, car dans une atmosphère électrique, il a emporté les quatres points suivant et avec eux le match. 4-1 Yverdon.

Alex et Robin au charbon (photo Loan Dao)

Une odeur de roussi flottait dans le Centre Sportif d’Yverdon, d’autant plus que dans le double homme 1, Robin Gerber et l’Écossais Alex Dunn étaient en mauvaise posture. Nicolas Franconville et Fabien Delrue sont parvenus régulièrement à orienter le jeu vers des rallies rapides avec beaucoup de jeu à plat, une exercice où les Lausannois étaient soit poussés à la faute, soit contraint de lever, donnant des possibilités d’attaque aux Yverdonnois. Conséquence: Nicolas et Fabien ont rapidement mené 2 manches à rien. Aidés par un bon début de troisième set, Robin et Alex sont parvenus à y garder le score serré. Et, ironie du sort ou peut-être la prime aux têtus, se sont finalement deux rallies fait de vitesse à plat qui ont donné la manche aux Lausannois.

Sur le terrain n°2, la rébellion lémanique se matérialisait aussi dans le simple dame. Face à Julie Franconville, une adversaire qui lui a souvent donné beaucoup de fil a retordre, Dounia Pelupessy n’a simplement laissé aucun doute s’installer. Bien consciente des qualités défensives de Julie, Dounia a donné une masterclass de jeu d’attaque faite de précision et de variations. Beaucoup plus facile à dire qu’à faire, la joueuse de Lausanne est parvenue coup après coup à répondre à la question: que faire pour maintenir l’initiative sans prendre des risques indus et s’exposer à des contres? Un éger moment de flottement dans le troisième set aurait pu donner une chance à Julie, mais Dounia a immédiatement refermer la porte, élevant son niveau de jeu pour s’imposer en trois sets secs. 4-2 Yverdon.

L’équipe est tendue durant le Double Hommes 1 (photo Loan Dao)

De leur côté, galvanisés peut-être d’être passé à deux points de la défaite et de s’en être sorti, Robin et Alex ont survolés le quatrième set en parvenant à l’aide de placements précis et de bon blocs a priver leur adversaires des schémas de jeu dont ils avait fait leur beurre jusque là. On s’attendait alors qu’avec le vent dans les voiles les Lausannois continuent leur domination mais il n’en a rien été. Ce sont les Yverdonnois qui grâce à une superbe retrouvée et des exploits défensifs se sont détachés dans le cinquième set. Heureusement, Robin et Alex sont parvenus a limiter la casse pour tourner à 6-4. On est ensuite entré dans le royaume de l’intangible. Tactique et logique oubliées, poussés par le banc Lausannois au bord du terrain, tout n’était plus qu’adrénaline pure. Dans cette ambiance irréelle, se sont les visiteurs qui les premiers ont obtenu des volants de match. Un premier, un deuxième, un troisième. Tous effacés. On a craint le pire quand Nicolas et Fabien se sont finalement retrouvé à un point du Graal et on était prêt à gloser sur l’importance de savoir saisir sa chance quand elle se présente, mais en deux coups de raquette Alex Dunn a exorcisé le spectre de la défaite. Deux points plus tard, c’est sur leur quatrième volant de match que la paire lausannoise s’est imposée. 4-3 Yverdon.

Après la tension, la libération! (photo Loan Dao)

Le dernier match du jour était le simple homme 2. Un choc entre Lorrain Joliat et Maxime Pierrehumbert. Un peu comme dans le simple dame, on a eu droit a une opposition de style entre un attaquant et un défenseur. Un type d’adversaire qui historiquement a posé des difficultés Maxime, vite frustré de voir ses attaques revenir encore et encore, mais les matchs récents contre Nicolas Müller du BC Zürich ont montrés que Maxime a fait beaucoup de progrès dans la gestion mentale de ce type de confrontation. C’est le jeur d’Yverdon qui a pris le meilleur départ, mais Maxime a garder son sang-froid et a capitalisé sur les imprécisions de Lorrain, de retour à la compétition après de longs mois, pour prendre le premier set.

Sans qu’on puisse véritablement expliquer pourquoi, les mouches ont immédiatement changé d’âne et c’est soudain Maxime qui a enchaîné les fautes directes alors que Lorrain marchait sur l’eau, créant une avance que le Lausannois n’a pas pu combler. Dans la troisième manche, Maxime a augmenté le rythme, mais Lorrain a pu y répondre. On a donc eu droit à des échanges supersoniques de grande qualité. Maxime a fait la course en tête avant de se voir offrir le set pas deux fautes directes particulièrement bien venues vu le contexte de la rencontre. Continuant sur sa lancée, Maxime a pris le large dans le quatrième set, aidé encore par quelques grosses fautes de Lorrain. On était sur le point de retourner voir le cours des peaux d’ours quand le joueur d’Yverdon a surfé sur une vague de réussite pour recoller à 9-9 puis 10-10. Au désespoir de Lorrain, des fans locaux et de l’amicale des cardiologues, on a échappé à un cinquième set grâce à deux accélérations gagnantes de Maxime. 4-4.

Maxime arrache le 4ème point (photo Loan Dao)

Le match nul, un résultat presque inespéré vu le scénario de la rencontre et qui maintenait les chances de BLA dans cette finale, même si l’inquiétant match en or se profilait toujours aussi nettement à l’horizon. Impossible pour autant de faire des pronostiques pour le lendemain, car avec 4 matchs sur 8 qui ont été très serrés, il pouvait se passer n’importe quoi ou presque.

Tout le monde en place pour le retour (photo Loan Dao)

Le Dimanche à Malley, les deux équipe ont alignés exactement les mêmes compositions. Il faut dire qu’il est dur de faire des changements après un match nul. Il y a pourtant eu une surprise de dernière minute, mais qui est venu de l’ordre des matchs. Au lieu d’appliquer la stratégie classique de faire jouer en premier les matchs que l’on s’attend à gagner pour que la pression du score pèse sur les adversaires, la rencontre a débuté par deux des matchs perdu la veille: le double mixte et le simple homme 3!

Pas de révolution dans le duel entre David Orteu et Thibault Bernetti. Le Lausannois a joué dans son style posé et patient fait de distribution et de qualité au filet jusqu’à obtenir des fautes ou des volants d’attaque. Contrairement à la veille, son adversaire, peut-être surpris de devoir jouer en premier, a été plutôt généreux avec ses imprécisions, ce qui a rendu la tâche facile à David dans le premier set. Thibault à ensuite limité le scories dans son jeu, mais du coup se sont les chances d’attaquer qui ont fait la différence. C’est à peine si on a eu un frisson quand quelques erreurs de David ont remis en selle Thibault dans le troisième set, mais immédiatement le joueur de BLA mis un peu plus de vitesse et avant que son adversaire puisse réagir et s’adapter le match était plié. 5-4 Lausanne.

David donne l’avantage à BLA (photo Loan Dao)

Dans le double mixte, la paire expérimentale de BLA composée de Dounia Pelupessy et Alex Dunn a continué à faire bonne figure et à rendre le match accroché face aux favoris Julie Franconville et Lucas Corvée. Ce n’est que dans les points additionnels que la première manche s’est décidée, 12-10 en faveur des visiteurs. Dur à dire si cela a été la clef du match, mais dans les deuxièmes et troisièmes set, la paire lausannoise a beaucoup plus utilisé le service long sur Julie, empêchant ainsi le joueuse d’Yverdon de faire valoir la qualité de son jeu de retour. Le fruit de cet ajustement a été la possibilité de faire des séries de points et donc de prendre le large rapidement. Jusqu’à quand faut-il insister avec une stratégie avant d’en changer pour surprendre l’adversaire? C’est toujours difficile à décider. Dans la quatrième manche on est revenu aux services courts sur l’Yverdonnoise sans dommage et en surfant sur la vague de confiance crée par les sets 2 et 3, Dounia et Alex ont pu plier l’affaire. 6-4 pour Lausanne.

Dounia et Alex creusent l’écart (photo Loan Dao)

Le coup de poker avait payé! En commençant par gagner deux matchs perdus la veille, BLA a mis le BC Yverdon dans une situation extrêmement périlleuse. Non seulement gagner sans passer par le match en or semblait presque impossible pour les Nord Vaudois, mais, en plus, chaque équipe éliminant deux disciplines pour déterminer la nature de ce potentiel match final, BLA pouvait écarter le double dames et le simple homme et laisser Yverdon choisir son poison.

La grimace s’est même figée en rictus quand dans le simple homme 1, un autre match perdu par Lausanne le samedi, Aria Dinata a pris le meilleur départ face au gaucher finlandais Kalle Koljonen. Avec l’explosivité qui le caractérise, le jeune croate s’est nourri des encouragements du banc lausannois pour déstabiliser un Koljonen qui payait peut-être enfin l’accumulation des matchs vu qu’il était arrivé directement d’une semaine de tournoi international par équipe, la Thomas Cup. L’expérimenté champion est tout de même parvenu à entrer dans le match, assisté par un Dinata un peu trop brouillon dans l’exécution de ses offensives.

Aria fait un récital (photo Loan Dao)

En même temps, on retrouvait dans le double homme 2 les paires Maxime Pierrehumbert / Milosz Bochat pour Lausanne et Anthony Dumartheray / Lucas Corvée pour Yverdon. Assez clairement, une nuit n’avait pas été suffisante pour porter conseil aux joueurs d’Yverdon et le problème proposé par l’agressivité de Maxime et Milosz est demeuré insoluble. Il fallait pour les outsiders compter sur une baisse de régime du duo lausannois pour peut-être planter la graine du doute. Cette baisse est bien arrivée dans le deuxième set, mais, las, le déchet dans le jeu des Yverdonnois leur a empêcher d’en profiter. Livrant une performance professionnelle, Maxime et Milosz ont contrôlé le troisième set sans plus laisser d’ouvertures. 7-4 pour Lausanne.

Milosz et Maxime cadenassent le double hommes 2 (photo Loan Dao)

Dans le simple homme 1, on a crû un moment que les choses allaient tourner en faveur de Koljonen, mais le finlandais s’est montré peut-être un peu attentiste, comptant sur Dinata pour lui offrir les points. En procédant de la sorte, il concédait l’issue du match au joueur de Lausanne: tous les points étaient le fait ses coups ratés ou réussis. Le risque peut-être calculé de ce choix, n’a pas payé. Porté par le public, Aria a joué de mieux en mieux alors qu’à l’inverse Koljonen peinait à conserver la qualité nécessaire à l’exécution de son plan. Deux causes, un effet: le n°1 de BLA a retourné le 3ème set avant de survoler le quatrième. 8-4 Lausanne.

Dos au mur, l’équipe d’Yverdon ne pouvait tabler que sur des spéculations qui semblaient de plus en plus saugrenues. Ils allaient certainement gagner le double dames, il n’était pas inconcevable que le très serré double homme 1 tombe cette fois de leur côté, Lorrain Joliat avait clairement montré qu’il avait ses chances face à Maxime et peut-être qu’en simple dame, dans le contexte particulier de cette finale, Dounia n’allait pas livrer une performance du même niveau que la veille? Tout le problème c’est que pour arracher le match nul, toutes ces quatre hypothèses devaient se réaliser.

Eva et Cléo prêtes à en découdre (photo Loan Dao)

La première était la moins fantaisiste et s’est effectivement confirmée. Malgré la bonne volonté de Cléo Latella et Eva Cachot, il n’y avait pas grand chose à faire contre Cloé Brand et Maiken Fruergaard Sorensen dans le double dames. Dès qu’elles prenaient l’attaque, les Yverdonnoises se montraient irrésistibles et, très pro, elles n’ont même pas laissé l’ombre d’un espoir aux remplaçantes lausannoises. 8-5 Lausanne.

Robin et Alex dans un autre marathon (photo Loan Dao)

La deuxième hypothèse, celle du double homme 1, a pris du temps pour être testée en pratique. Dans un affrontement où la situation de service s’est avérée capitale, les rallies étaient souvent brefs, l’une des deux paires, Robin Gerber et Alex Dunn pour BLA et Nicolas Franconville et Fabien Delrue pour le BC Yverdon-les-Bains, prenant un avantage décisif dès les trois premiers coups de raquette. Haché, le match a aussi été, serré et donc incertain. Les manches sont tombées d’un côté puis de l’autre pour arriver à ce qui semblait inévitable: un set décisif. Comme la veille, se sont les Yverdonnois qui ont pris le meilleur départ, mais cette fois ils n’ont pas laissé leurs adversaires gratter un peu de leur retard avant le changement de côté et c’est donc sur le score de 6 à 1 que la pause a été atteinte. Dans une telle situation, il n’y a presque plus le droit à l’erreur. Robin et Alex sont allé au charbon, sont parvenus à refaire un peu de leur retard, mais Nicolas et Fabien ont gardé leur sang-froid et ont pu conclure. 8-6 Lausanne.

Dounia a l’attaque (photo Loan Dao)

Deux des quatre vœux d’Yverdon s’étant réalisés, une légère inquiétude commençait à croitre dans les rangs lausannois. D’autant plus que dans le simple dame, si Dounia Pelupessy montrait toujours qu’elle avait une idée claire de son plan de jeu, la mise en pratique n’était pas aussi propre que 24 heures plus tôt, au point que c’est Julie Franconville qui a chipé la première manche. La Lausannoise n’a pas paniqué et a continué de mettre beaucoup de pression sur Julie avec une palette très complète de coups. Un bon passage a parmi d’avoir un matelas de sécurité suffisamment épais pour ne pas se faire rattraper malgré une certaine fragilité au service. Jouant de mieux en mieux, Dounia n’a ensuite laissé que des miettes à Julie dans une troisième manche dominée de la tête et des épaules.

Maxime commence sont match (photo Loan Dao)

Les fans Yverdonnois qui voyaient leur rêve en train d’être brisé ont donné de la voix tant et plus. Tous leurs espoirs reposaient sur un retournement de situation dans le simple dame et une bonne performance de Lorrain Joliat dans le simple homme 2 contre Maxime Pierrehumbert, match qui débutait justement. Leurs chants semblaient dans un premier temps être entendus, car Lorrain faisait la course en tête dans une première manche accrochée et Julie profitait d’un temps faible de Dounia pour prendre l’avantage 6-2 dans le quatrième set. Mais cela était sans compter sur la réaction de championne de Dounia qui retrouvait au meilleur moment toute sa qualité de jeu pour enquiller 9 des 11 points suivants et sceller le destin de cette finale. Le neuvième point marqué, le match de simple homme 2 a été abandonné. Score final: 9 à 6 pour Badminton Lausanne Association, sacré champion de Ligue Nationale A pour la saison 2025-2026.

Dounia marque le point décisif (photo Michael Dickäuser)

Si Badminton Lausanne Association a survolé la saison régulière en y gagnant 8 des 12 rencontres et en ne concédant deux défaites qu’avec un effectif largement diminué, tout a été remis en question après les blessures en fin d’exercice de Caroline Racloz, d’Indira Dickhäuser puis de Minh Quang Pham. Mais une fois de plus, dans l’adversité, le collectif lausannois a su se transcender. Commencer toutes les rencontres de playoffs avec un déficit de 1 point? Pas de problème. Une paire de mixte expérimentale? Elle a gagné 3 de ses quatre matchs. Aria doit jouer contre mieux classé que lui au ranking mondial? 3 matchs, 2 victoires. Maxime a le champion suisse de l’autre côté du filet? Il le domine. Etc, etc… Citons pour finir les Top Scorers de cette improbable campagne de playoffs: Maxime et Milosz ont été impliqués dans 4 points, Alex dans 5 et Dounia dans 6!

BLA inaugure le nouveau trophée (photo Michael Dickhäuser)